Réseaux sociaux et hôpital public : une exploration encore neuve
Présenté les 5 et 6 juin 2014 à Paris, lors de l’événement Doctorat 2.0, ce travail propose un premier état des lieux de la présence hospitalière française sur les réseaux sociaux. À l’heure où les usages numériques explosent dans tous les secteurs, les hôpitaux publics — et en particulier les CHU — amorcent à peine leur virage digital. L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) est au cœur de cette réflexion.
Objectif : comprendre comment les établissements se positionnent en ligne, quelles plateformes ils investissent, et avec quelle stratégie — si stratégie il y a.
Une transition encore fragile
Le constat est clair : en 2014, la présence numérique des hôpitaux demeure essentiellement expérimentale. Quelques CHU ont certes créé des comptes Facebook ou Twitter, mais peu les utilisent comme de véritables outils d’interaction ou de transformation.
Les chiffres sont éloquents :
- 69 % des établissements étudiés sont sur Facebook
- 66 % sont présents sur Twitter
- La moyenne ? À peine 600 abonnés par compte
Ces établissements accueillent des milliers de patients chaque semaine, mais leur présence digitale reste très limitée. Ce décalage soulève plusieurs questions : manquent-ils de moyens ? S’agit-il d’un problème culturel ? Ou est-ce un choix stratégique ? La réponse combine probablement tous ces facteurs.
Des usages encore exploratoires
Les premiers cas d’usage relevés révèlent une posture encore très institutionnelle :
- Publication d’événements internes
- Relais de contenus de santé
- Campagnes d’appel aux dons
- Promotion de vidéos ou d’interviews de soignants
L’engagement reste timide. Le web social s’appuie sur la conversation, l’interaction et la transparence. Pourtant en 2014, les hôpitaux adoptent encore majoritairement une communication descendante. On remarque peu d’échanges avec les usagers, peu d’actions participatives et peu de messages personnalisés.
L’AP-HP face au défi de la modernisation
En tant que plus grand centre hospitalier universitaire d’Europe, l’AP-HP se trouve à la croisée des chemins. Avec ses 37 hôpitaux regroupés en 12 groupes hospitaliers, elle doit inventer une communication à la fois cohérente, moderne et ancrée dans les réalités de terrain. Ce travail présenté à Doctorat 2.0 n’a pas la prétention de livrer une étude statistique exhaustive. Il s’agit d’une analyse de tendance, d’un instantané capté à un moment charnière. Mais il révèle une chose essentielle : le digital est désormais un enjeu de gouvernance hospitalière.
Pourquoi être présent en ligne ?
En 2014, cette question reste encore ouverte. Mais quelques réponses émergent déjà :
- Informer les patients plus rapidement et plus directement
- Accompagner les malades avec des contenus utiles et pédagogiques
- Valoriser les professionnels et les événements de l’établissement
- Renforcer l’attractivité auprès des jeunes médecins et personnels soignants
Les réseaux sociaux ne sont plus simplement des vitrines : ils deviennent des outils de service public, à condition de savoir les utiliser avec intelligence et cohérence.
Un premier jalon, pas une conclusion
Le chantier reste immense, mais il est bel et bien lancé. Ce travail, mené dans le cadre de Doctorat 2.0, vise à susciter le débat en posant des questions essentielles : quelle stratégie numérique pour nos hôpitaux ? Comment définir les rôles des directions de communication et des services informatiques ? Comment établir un dialogue efficace avec les patients en ligne ?
En 2014, rien n’est joué. Mais tout est à inventer.
Et si demain, les réseaux sociaux devenaient un prolongement naturel du soin ?
















