Une histoire de concept

Les dimensions conceptuelle, technique et culturelle.

L’interopérabilité est la capacité de différents systèmes à fonctionner ensemble. Elle peut être décrite dans ses dimensions conceptuelle, technique et culturelle.
Au niveau conceptuel, l’interopérabilité fait référence à la capacité de différents systèmes ou composants à fonctionner ensemble. Cela nécessite une compréhension commune des buts et objectifs du système, ainsi qu’un langage commun ou un ensemble de normes qui peuvent être utilisées pour échanger des informations entre les différentes parties.
Sur le plan technique, l’interopérabilité fait référence à la capacité de différents systèmes ou composants à se connecter physiquement les uns aux autres et à échanger des données. Cela nécessite du matériel et des logiciels compatibles, ainsi que des interfaces bien définies qui permettent à différents systèmes de communiquer entre eux.
Enfin, sur le plan culturel, l’interopérabilité fait référence à la volonté et à la capacité des personnes de différentes organisations à travailler ensemble vers des objectifs communs.

L’objectif est de montrer comment les spécificités politiques, organisationnelles et professionnelles des structures de santé en interaction avec leurs projets de transformation contribuent au succès ou à l’échec de la mise en œuvre de l’e-santé. Le concept de ” cadre socio-technique ” permet de penser l’interaction entre les aspects techniques et sociaux dans un hôpital. Dans cette perspective, la dimension socioculturelle peut être considérée comme une question transversale dans la mise en œuvre de tout système d’information. Le terme ” interopérabilité culturelle ” représente sa conceptualisation dans le contexte des systèmes d’information.

Aujourd’hui, une énorme quantité de données est générée par les activités cliniques et de recherche. Dans l’environnement actuel, il n’est ni facile ni possible pour une seule entité de gérer toutes ces données. La nécessité de partager les données entre différentes organisations est donc cruciale. Cependant, les défis techniques et organisationnels du partage des données sont importants. Un certain nombre de facteurs contribuent au succès ou à l’échec des initiatives de partage des données, notamment le contexte politique, organisationnel et professionnel dans lequel elles sont mises en œuvre. La croissance des données rend difficile la normalisation des connaissances – sans parler des objections politiques à l’idée d’un modèle de connaissances unique. En outre, les communautés de pratique prolifèrent, chacune d’entre elles étant susceptible de générer ses propres connaissances, langages et références partagés. Même après l’introduction de schémas et de langages normalisés, le souci d’interopérabilité ne disparaîtra pas. En fait, certains chercheurs pensent que la prochaine étape devrait aller au-delà de l’interopérabilité sémantique. Cependant, peu d’entre eux développent une compréhension claire des problèmes de communication entre des porteurs de connaissances issus de mondes hétérogènes, même au sein d’une même langue, voire d’une même organisation.

Au fur et à mesure que je progresse dans ma quête de l’interopérabilité culturelle, il me semble évident que la virtualisation croissante des données de santé nécessite de réfléchir à l’interopérabilité culturelle au-delà des limites de l’hôpital, de la ville, de la région ou du pays. L’interopérabilité culturelle est la capacité de différentes cultures à travailler ensemble vers des objectifs communs. Elle est basée sur l’idée que la culture n’est pas une entité statique, mais plutôt un ensemble fluide de normes et de valeurs qui évoluent avec le temps. Elle est devenue de plus en plus pertinente ces dernières années, alors que la santé est devenue plus interconnectée et globalisée. L’interopérabilité culturelle se heurte à de nombreux défis, mais il est possible de les surmonter en favorisant la compréhension et le respect mutuel.

Pour en savoir + :

Brigitte Juanals et Jean-Luc Minel, « La construction d’un espace patrimonial partagé dans le Web de données ouvert », Communication [En ligne], vol. 34/1 | 2016, mis en ligne le 17 août 2016, consulté le 21 octobre 2021. URL : http://journals.openedition.org/communication/6650 ; DOI : https://doi.org/10.4000/communication.6650

FLICHY, Patrice (1995), L’innovation technique. Récents développements en sciences sociales : vers une nouvelle théorie de l’innovation, Paris : La Découverte.

Laurence Favier, Widad Mustafa El Hadi et Dominique Vinck, « Présentation », Communication [En ligne], vol. 34/1 | 2016, mis en ligne le 17 août 2016, consulté le 07 mai 2021. URL : http://journals.openedition.org/communication/6614 ; DOI : https://doi.org/10.4000/communication.6614

 

 

 

 

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