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Comprendre l’interopérabilité pour mieux agir

Je reprends ici une série de posts que j’ai déjà publiée sur mon profil LinkedIn, intitulée : « Une image vaut mieux que mille mots »

Le numérique en santé a tenu beaucoup de promesses. Des milliards ont été investis dans la digitalisation des établissements, le Ségur numérique, Mon Espace Santé, la télémédecine. Et pourtant, un soignant jongle encore entre plusieurs logiciels qui ne se parlent pas, ressaisit des données déjà saisies ailleurs, imprime pour faire circuler une information qui devrait être accessible en un clic. Ce paradoxe a un nom : l’interopérabilité reste une promesse mal tenue. Comprendre pourquoi, c’est la condition pour agir autrement.

Ce que l’interopérabilité signifie vraiment

Interopérer, ce n’est pas connecter deux systèmes à la volée. C’est permettre à des logiciels, des structures de santé et des professionnels d’échanger des données cliniques de manière fiable, fluide et sécurisée, sans rupture dans le parcours de soin. Cette définition engage trois dimensions que l’on confond trop souvent. La dimension technique concerne les standards et les protocoles d’échange. La dimension sémantique concerne la façon dont les données sont comprises : deux systèmes peuvent s’échanger un fichier sans pour autant donner le même sens aux informations qu’il contient. La dimension culturelle, enfin, est la plus négligée et la plus déterminante. Les experts militaires l’ont formulé avant les informaticiens de santé : l’interopérabilité est d’abord une question de compréhension mutuelle entre les humains, pas entre les machines.

Pourquoi ça bloque encore malgré les investissements

Les barrières sont connues. Les hôpitaux utilisent une multitude de logiciels développés par des éditeurs différents, reposant parfois sur des technologies anciennes qui ne communiquent pas nativement. Les normes internationales existent mais ne sont pas appliquées de façon contraignante. Et surtout, quand un outil interopérable est trop complexe ou mal intégré au flux de travail quotidien, les soignants le délaissent. Ce n’est pas un défaut de formation. C’est une réponse rationnelle à une ergonomie qui n’a pas été conçue pour le terrain. À quoi sert un pont que personne n’emprunte ? À ces obstacles s’ajoute un paradoxe : multiplier les connexions entre systèmes élargit la surface d’exposition aux cyberattaques. L’interopérabilité et la cybersécurité ne sont pas des sujets parallèles. Ils doivent être pensés ensemble.

Les leviers pour agir concrètement

Dépasser ces blocages suppose de changer de paradigme sur trois points. D’abord, imposer des standards ouverts et certifiés : rendre obligatoire l’usage de protocoles communs force les éditeurs à ouvrir leurs systèmes plutôt qu’à construire des silos propriétaires. Ensuite, flécher les investissements vers la connectivité plutôt que vers des outils isolés : financer des ponts, pas des forteresses. Enfin, inclure les professionnels de santé dès la conception des outils et des flux d’échange, pas en bout de chaîne. Une interopérabilité conçue sans les soignants sera toujours contournée par les soignants.

Une image vaut mieux que mille mots

C’est le constat qui est à l’origine de cette série de visuels publiés sur LinkedIn. Expliquer l’interopérabilité en santé avec des schémas et des métaphores visuelles est souvent plus efficace que des pages de texte technique. Ces posts ont été conçus pour être compris par tous les profils : soignants, décideurs, informaticiens de santé, patients curieux. L’interopérabilité n’est pas une contrainte technique. C’est un acte de soin au service du patient. C’est pour cela qu’elle mérite d’être comprise par tous ceux qui font fonctionner le système de santé, pas seulement par les DSI.

Pour aller plus loin

Retrouvez notre analyse détaillée sur pourquoi l’interopérabilité en santé bloque encore, mon décryptage de l’interopérabilité culturelle, la dimension la plus structurante et la moins visible, et nos derniers articles sur le numérique en santé ci-dessous.

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