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Chronique dominicale : Ils sont derrière, laisse-les parler

On vous a appris à écouter, à vous justifier, à vous excuser. À tendre l’autre joue, souvent par automatisme plus que par sagesse. Mais avez-vous remarqué ? Les critiques les plus sonores ne sont jamais en face. Elles murmurent, elles chuchotent. Elles surgissent dans les couloirs, jamais dans les réunions. Elles s’écrivent à l’abri d’un clavier ou d’un café tiède, jamais dans un échange franc.

Pendant que les critiques parlent dans votre dos, vous êtes en tête. Voilà le paradoxe : ceux qui mènent n’ont pas le temps de critiquer, car ils sont trop occupés à avancer. Ce sont ceux qui stagnent ou reculent qui trouvent le temps d’analyser votre trajectoire – non pas pour apprendre, mais pour la dévaloriser.

Demeurer fidèle à soi-même ne saurait être assimilé à un acte de rébellion. Il s’agit plutôt d’un refus de se plier à cette chorégraphie sociale qui consiste à s’amoindrir dans le but de rassurer ceux qui n’osent s’épanouir. On attend de vous que vous adoucissiez vos aspérités, que vous modériez votre allure, que vous voiliez vos aspirations sous un vernis de tiédeur. Tout cela dans l’unique dessein de ne point heurter ceux que votre éclat éblouit, sans jamais les consumer.

La réalité est que votre progression suscite inévitablement des réactions. C’est un phénomène quasi mécanique, presque mathématique. La grande majorité des individus n’en a pas conscience, ou feint de l’ignorer. Ceux qui se distinguent font ressortir les aspects moins reluisants chez autrui. Et ceux qui demeurent silencieux en votre présence s’expriment souvent avec véhémence en votre absence.

Alors non, la question n’est plus : “Que disent-ils de moi ?”
La vraie question, c’est : “Pourquoi sont-ils encore derrière moi ?”

À trop tendre l’oreille aux commentaires, on finit par s’éloigner de son cap. On perd du temps à tourner la tête alors que l’essentiel est droit devant. Depuis quand les échos valent-ils plus que le son clair de votre propre voix ?

Ceux qui parlent derrière votre dos y sont… parce qu’ils sont derrière. Ce n’est pas une formule, c’est une évidence. Et si cela vous dérange, posez-vous une autre question : à quoi bon ralentir pour entendre des gens qui ne sont même pas capables de marcher à vos côtés ?

Avancez. Laissez parler. Ce n’est pas un manque d’écoute. C’est un choix de direction.

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