Tout juste lancée fin avril, l’Apple Watch est déjà testée par plusieurs établissements hospitaliers pour accompagner et aider les patients dans le cadre de leurs traitements. Focus sur deux études qui viennent d’être lancées aux Etats-Unis. Cet article date de juin 2015
Réseau hospitalier Ochsner : l’Apple Watch pour suivre des patients souffrant d’hypertension artérielle
Le réseau hospitalier américain Ochsner teste l’Apple Watch dans le cadre de son programme digital de lutte contre l’hypertension. La montre connectée d’Apple est utilisée en complément d’un tensiomètre connecté pour un accompagnement à distance des patients. Le principe : les patients mesurent leur tension et leur fréquence cardiaque de chez eux, les informations étant transmises directement au dossier médical informatisé de l’hôpital. L’Apple Watch vient compléter le dispositif en proposant des services visant à favoriser l’observance médicamenteuse, l’activité physique et la nutrition. Rappels de prise de médicament, notifications de renouvellement d’ordonnance, informations sur les effets secondaires potentiels et messages pour les encourager à faire de l’exercice sont ainsi envoyés directement sur la montre connectée. Les données sont transmises via HealthKit sur le dossier patient informatisé de l’hôpital et peuvent être partagées avec l’équipe médicale. Celle-ci pourra alors adapter le traitement en fonction des éléments reçus et personnaliser les informations envoyées au patient. Pour l’heure, seuls trois patients du programme sont d’ores et déjà équipés de la montre, mais l’objectif est d’en équiper rapidement une trentaine.. L’hôpital est aujourd’hui à la recherche de partenaires pour l’aider à financer l’achat des Apple Watch.
Centre de cancérologie MD Anderson at Cooper: l’Apple Watch pour accompagner les patientes atteintes de cancer du sein

Des montres connectées pour accompagner au plus près les patients
A la base de ces deux projets pilotes, le même constat : les patients souffrant de maladies chroniques ou d’ALD se sentent parfois bien démunis et seuls entre deux consultations médicales. Et quand ils se retrouvent devant une blouse blanche, ils n’ont pas toujours en tête tous les éléments qu’il serait utile de discuter pour tirer le meilleur parti du traitement et de la prise en charge. Une montre connectée comme l’Apple Watch permet de suivre en continu certaines données, tout en les « contextualisant », c’est-à-dire en offrant un support simple et direct pour que le patient puisse enrichir ponctuellement la donnée (effets secondaires ressentis après une prise de médicament, phase de dépression ou des stress notable, …). Toutes ces informations ainsi collectées au plus près du patient pourraient permettre de mieux comprendre l’impact des traitements, de prioriser les sujets à aborder lors de la prochaine consultation et de mieux intégrer le ressenti du patient dans la prise en charge, jusqu’à influer sur des choix de traitement. Certes, des applications existent déjà qui répondent aux mêmes objectifs. Mais le véritable apport de l’Apple Watch pourrait être sa capacité à s’intégrer plus facilement dans le quotidien du patient – davantage qu’un smartphone ou qu’une tablette. Toujours en contact physique avec le patient, elle permet de suivre les données en temps réel et d’interagir facilement et rapidement avec lui, que ce soit par notification directe ou pour déclencher un échange avec un professionnel de santé. Tout l’enjeu sera de trouver le juste équilibre dans ces interactions avec le patient, pour ne pas être trop intrusif mais suffisamment présent lorsque le patient en a besoin. Des ajustements seront surement nécessaires dans un premier temps afin de trouver le bon « langage » et la juste fréquence pour rythmer ces échanges selon le contexte. L’utilisation de l’Apple Watch pourra d’ailleurs être limitée à une durée ou une phase précise du traitement. Certes, ces projets soulèvent par ailleurs de nombreuses interrogations. Quid de la fiabilité de la mesure ? Quelle organisation à l’hôpital pour traiter toutes ces données envoyées ? Comment accompagner le patient pour le « bon usage » de ce nouvel outil ? Ces projets ne répondront pas à tout, mais pourront apporter un premier éclairage sur l’apport que peuvent avoir ces nouvelles technologies dans le domaine de la santé.
Sources : Mobihealthnews, Forbes














